fbpx

Communes & Régions

Genève et ses quartiers, VOL. IV : Saint-Jean Charmilles

Réputé pour son décor insolite, subtil mélange de dynamisme urbain et de nature « autonome », Saint-Jean Charmilles est disposé entre la rive droite du Rhône et les Grottes. L’ensemble du quartier est composé de 9 secteurs comprenant Saint Jean, Charmilles, Châtelaine, Cité Vieusseux, Liotard, Poterie, Geisendorf, Les Franchises, sans oublier Concorde. Avec ses immeubles des années 70, logés au fil de l’eau, et le vieux Saint-Jean (avec ses faux airs villageois) on s’aperçoit rapidement qu’il s’agit d’un lieu à part sur l’échiquier local. Voyage dans les rues du « vrai Genève », par-delà les époques ; entre bâtiments classés, immeubles pittoresques, arènes victorieuses et jardins publics.

PARTAGER SUR :

Le quartier des « Lumières », en chiffres et en histoire

Selon l’office cantonal de la statistique, approximativement 33’700 habitants peuplent l’ensemble du quartier (dense, au demeurant) dont 23’700 aux Charmilles et 9’900 à Saint-Jean. En 1857, date de l’arrivée du chemin de fer, le quartier se voit divisé en deux parties distinctes. C’est également en cette période que la classe ouvrière s’installe durablement, offrant ainsi au lieu la mixité et l’ouverture qu’on lui connait encore actuellement. Témoin du passé « sauvage » du quartier, le chemin forestier des Falaises surplombe le Rhône et vous emmène, le temps d’une promenade, dans un cadre exceptionnellement libre, dénué de revêtements ni de barrières de sécurité. En somme, béton et nature évoluent au sein d’un étrange équilibre, quasiment poétique, définissant ainsi les lieux.

Curiosité historique : le philosophe français Voltaire a vécu à Saint-Jean, de 1755 à 1760, où il a également créé un théâtre. C’est au sein du parc des Délices que l’on trouve aujourd’hui le musée Voltaire. Le quartier regorge d’ailleurs de noms de rues dédiées aux philosophes des Lumières, tels que « Voltaire », « Mme de Staël » ou encore « l’Encyclopédie », sans oublier celles (évidemment plus nombreuses) dédiées aux travaux du philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau. Exemples ? « Sentier du Promeneur-Solitaire », « rue du Contrat-Social », « rue des Confessions », et bien d’autres encore.


Le Stade des Charmilles, ancienne maison des succès du S.F.C.

Le Servette F.C. voit le jour en mars 1890, et c’est à l’occasion de la Coupe des Nations 1930 (tournoi amical de football), organisée à Genève, qu’est inaugurée sa « maison » officielle : le Stade des Charmilles, anciennement nommé « Parc des Sports ». Pour la Coupe du Monde 1954, le stade est amélioré et atteint les 30’000 places. Il faudra attendre encore deux ans pour voir la première rencontre nocturne : défaite du S.F.C. face au F.C. Nice, 1-0.

En 1983, les supporters sont protégés des intempéries grâce au toit au-dessus des tribunes. Les années 90 voient de nombreuses améliorations ponctuelles, telles que les places assises pour tout le stade (dont la capacité est alors réduite à 9’250 spectateurs), ainsi que le dernier sacre national du club, en 1999. En 2000, la construction du Stade de la Praille débute et le dernier match aux Charmilles est joué le 8 décembre 2002. C’est cependant ici même que le club a forgé sa légende : 17 fois champion de Ligue nationale A et 7 fois vainqueur de la Coupe de Suisse. Le Servette F.C. reste, à ce jour, la troisième équipe la plus titrée de l’histoire du football suisse, en championnat (saison régulière), derrière les Grasshoppers Zurich et le F.C. Bâle. Nostalgie, quand tu nous tiens…


Urbanisme : évolutions & densité

Au-delà du mélange surprenant composé de bâtiments des années 70, de villas, d’immeubles locatifs classiques, ou encore d’anciens bâtiments industriels, le quartier possède aussi la plus grande densité d’habitants au m2 de Genève via le Complexe de l’Europe, regroupant à lui seul 1250 logements. À l’image de son histoire, faite de rebondissements à répétition, le quartier de Saint-Jean Charmilles est destiné à évoluer encore énormément aux cours des prochaines années.

Illustration récente, la HEAD installe son campus au sein du parc Gustave & Léonard Hentsch, en lieu et place de l’ancien Stade des Charmilles. Pour citer le site web de l’école : « la première phase du déménagement de l’école se fera à l’Espace Hippomène. Cette implantation de la HEAD aux Charmilles constitue un tournant historique pour l’école, en lui offrant un écrin architectural exceptionnel et des équipements importants pour ses enseignements, qui feront du Campus un des plus prestigieux à l’échelle des écoles d’art européennes. La mise en place de ce campus a été rendue possible grâce à l’achat des bâtiments par la Fondation Hans Wilsdorf et leur mise à disposition gracieuse ».


Architecture : la « Maison Ronde » par Maurice Braillard

Quoi qu’il arrive, les transformations futures ne toucheront en aucun cas la Maison Ronde, chef d’œuvre local dont la beauté et l’originalité définissent à elles seules le quartier. On doit cela à la vision d’un homme pas comme les autres. Architecte, urbaniste et homme politique genevois, Maurice Braillard a marqué de son empreinte le quartier de Saint-Jean avec « La Maison Ronde », un ensemble en hémicycle composé de 5 immeubles locatifs, situés rue Charles-Giron.

Cette œuvre majeure et spectaculaire, classée monument historique en 1995, a été imaginée pour les personnes aux revenus moyens à modestes. Réalisé en 1928, l’ensemble s’élève sur 6 étages et propose des appartements de 3 à 5 pièces. Son aspect sphérique lui donne une allure fascinante, comme replié sur lui-même. Esthétiquement, cette composition architecturale est bien différente de ce qui se faisait à cette époque. Emprunte d’une modernité visionnaire la Maison Ronde a marqué à jamais le panorama urbanistique genevois. Les rénovations ont su préserver l’esprit des lieux.


Espaces verts pour plantes et biotopes exceptionnels

Bien que Saint-Jean Charmilles soit un lieu de vie par essence citadin, c’est aussi un quartier réputé pour ses espaces verts. Parmi ceux-ci le parc Geisendorf ; partagé géographiquement avec le quartier Servette Petit-Saconnex, il offre à ses visiteurs une surface de 51 300 m². Bien culturel suisse d’importance nationale, on y trouve une jolie série d’arbres remarquables, dont un extraordinaire métaséquoïa, aussi appelé « sapin d’eau ». Trois écoles se situent dans le parc. L’association Geis&Dorf et la Ville de Genève y assurent également des animations pour les enfants.

Autre lieu d’importance, oasis au milieu du bitume, le parc des Franchises est logé précisément à l’Avenue de Châtelaine, aux Charmilles. Idéal pour les balades à vélo, les promenades avec animaux de compagnie, cet espace vert est également aménagé pour les grillades. L’été, le parc propose un Salon d’Été avec coin buvette, équipé de chaises longues, comprenant également 3 terrains de beach-volley. Détail d’importance : avec ses trois étangs, les Franchises jouissent du plus grand biotope humide en milieu urbain du pays représentant 6’500 m2 de nature sauve, renforçant ainsi l’attrait du paysage local.

Au bout du quai du Seujet, on trouve le Jardin du Prieuré avec sa place jeu pour enfants et surtout sa plateforme disposée, à proximité du pont Sous-Terre, au fil du Rhône : 35 mètres de bois pris d’assaut par les baigneurs, dès les prémices de la période estivale. Passionné d’histoire ? Ce lieu en est chargé. Dès 1973, une promenade archéologique a été installée afin de pouvoir admirer et comprendre les vestiges du monastère bénédictin de Saint-Jean-hors-les-murs découverts en 1966.


Nos tables locales préférées

Bien que le quartier ne soit pas particulièrement réputé pour ses bars, encore moins pour sa vie nocturne, on y mange très bien. Un lieu qui vaut le détour est très certainement le Na Village. Avec son décor spectaculairement thaïlandais (tout est recréé à l’identique, dépaysement garanti) et ses recettes traditionnelles, ce restaurant hors du commun vous offre un véritable voyage au pays du Siam. Attention, succès oblige, nous vous conseillons vivement de réserver bien à l’avance.

Plutôt envie de savourer une pièce de bœuf haut de gamme, grillée à la perfection, et ce, sans quitter le quartier des Délices ? Pas de problème, c’est juste en face, de l’autre côté de la rue, à La Cocina Argentina. Ici, la Patagonie et ses grillades vous ouvrent les bras. Essayez la formule de midi, pour un lunch gourmand en version « plus économique », ou le menu du soir dans un cadre à la fois intimiste, élégant et sans chichis.  Impossible de conclure cet article sans citer le restaurant emblématique du quartier : Les Tilleuls. Avec sa terrasse estivale, et son échappée sur le jet d’eau, cette adresse propose des assiettes généreuses et soignées avec des produits dûment choisis, dans un style franco-italien. Ses pizzas géantes et ses viandes gourmandes sont d’ailleurs ses meilleurs ambassadeurs.


Pascal Viscardi


DISCOVER

Notre sélection de biens en vente

Chaque semaine, nous proposons de nouvelles propriétés en vente, afin de vous offrir un panel varié et qualitatif de biens immobiliers.