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Nos artistes genevois, Vol.1 : ZEP

6 Mar 2019

Star mondiale de la bande dessinée, Zep fait résolument partie de ces artistes et personnages qui font rayonner notre canton de Genève à travers le monde. Grâce à sa création iconique « Titeuf », l’auteur onésien a réalisé son rêve : devenir un dessinateur professionnel et créer un personnage universel, capable de toucher le monde entier, le tout dans un décor genevois (carougeois !) particulièrement réussi.

Titeuf : lorsque le personnage introduit son créateur

Enfant un peu cancre, très rêveur et timide, Titeuf est surtout un personnage original (grâce à sa fameuse mèche blonde, notamment) attachant, rebelle, romantique et sincère. Loin des clichés surannés, pourtant typiques des bandes dessinées pour enfants, il est capable de refléter avec pertinence notre époque. On le suit tout au long de son enfance (voire préadolescente), au sein d’aventures extraordinairement drôles et touchantes. Impossible donc d’évoquer Zep, son auteur, sans mentionner en premier lieu Titeuf, dont il est la création la plus populaire.


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De Philippe Chapuis, à Zep : trajectoire d’un modeste surdoué

C’est en décembre 1967 que Philippe Chapuis voit le jour, à Onex. Bon élève, discret, il comprend rapidement que son talent pour le dessin lui permet de se faire bien voir dans la cour de récré. Ce premier « succès d’estime » va le mettre sur une voie qu’il ne quittera plus. Philippe est aussi un grand passionné de musique, son groupe préféré ? Led Zeppelin ! Son premier fanzine se nommera alors Zep, en hommage à la formation britannique. Dès lors, il adoptera ce pseudonyme tout au long de sa carrière. Après avoir validé son passage (rapide, le parcours académique ne le passionne pas vraiment) à l’École des Arts Décoratifs de la Ville de Genève, il est engagé, en 1985, par Le Journal de Spirou, avant de taper dans l’œil de Glénat, son éditeur désormais fétiche.


Une bande dessinée contemporaine, depuis 1992

Depuis 1992, Zep fait coller les tribulations de son espiègle personnage à l’époque où il le dessine, incorporant ainsi les thèmes du moment. Titeuf devient, en ce sens, bien plus qu’un simple « produit de consommation » pour enfant. Son auteur n’hésite pas à le confronter à des thématiques telles que la sexualité (qui titille énormément notre préado préféré, depuis le premier épisode), la mixité culturelle et religieuse, l’actualité, les théories du complot, les maladies, le handicap, la guerre et le terrorisme, les réseaux sociaux, le divorce, l’amour et le rejet, etc.

C’est probablement le réalisme des aventures de Titeuf, associé à son humour ravageur et au coup de crayon ultra original de Zep, qui touche aussi bien les enfants que les adolescents ou les parents, depuis près de 26 ans. « Le tabou, c’est l’invention des adultes qui ont peur de l’intelligence des enfants », dit justement l’auteur lors d’une interview en 2017. Amoureux du célèbre personnage de Vic Beretton (joué par Sophie Marceau, dans le film de 1980 « La Boum », réalisé par Claude Pinoteau), Zep aurait bien pu s’inspirer des émotions éprouvées alors pour créer le personnage de Nadia, la petite fille dont Titeuf est amoureux depuis toujours, et plus largement des « vrais » sentiments qui habitent le cœur des enfants.


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Des chiffres impressionnants, pour une réussite mondiale

Les bandes dessinées Titeuf se sont écoulées à plus de 28 millions d’exemplaires dans le monde, et ont été traduites en 25 langues. Cet immense succès transforme son auteur en millionnaire, qui reste un travailleur acharné avec les pieds sur terre. « Dessiner, c’est ma langue maternelle », s’écrit-il, avouant également qu’il ne connait pas l’angoisse de la page blanche. Souvent, il se trouve même à « harceler » son éditeur pour savoir quand sortira sa prochaine bande dessinée, tant les idées fusent.

Le quinzième album des aventures, « À fond le slip ! », s’est vu propulsé au top de ventes en France, dès sa sortie, en aout 2017, prouvant ainsi (si besoin en est) l’intemporalité du personnage. Impossible de recenser les innombrables produits dérivés de la licence, tant il en a. En 2011, Titeuf a eu droit à son long métrage (en 3D et avec une musique originale signée par Jean-Jacques Goldman et Zep, lui-même !) ainsi qu’à sa propre série animée, dont la 5e saison est actuellement en production. Les adaptations animées de notre garnement à mèche blonde préféré ont toutes connu un succès retentissant.


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Carouge : la ville sarde, au cœur de l’imaginaire

Comme souvent, l’universalité d’une œuvre tient au fait qu’elle est ancrée au sein d’une réalité ultra locale et personnelle. C’est le cas de Titeuf, dont le fameux préau de récréation possède une importance centrale, au sein de son iconographie. Tel un personnage additionnel, qui accompagne depuis toujours Titeuf est ses amis, le préau reprend fidèlement les traits de celui de l’École Jacques Dalphin de Carouge. Avec ses grands marronniers et ses vastes espaces de jeu, impossible, pour quelconque genevois qui se respecte, de ne pas reconnaître au premier coup d’œil la silhouette dudit préau. Eh oui, Titeuf est un carougeois connu dans le monde entier !


Une œuvre et un artiste, au-delà de Titeuf

Bien que le plus grand succès de Zep soit intimement lié à la saga Titeuf, l’artiste possède de nombreuses (et hautement qualitatives) œuvres à son actif, dans des thèmes résolument plus « adultes », tels que l’érotisme (plus explicite que dans Titeuf, bien entendu), la spiritualité ou encore l’histoire du rock. Comme le dit Zep, « L’humour, c’est une forme de pudeur ». Avec l’expérience, et les succès, l’auteur se débarrassera petit à petit de cette « pudeur » qui lui va si bien, pour explorer diverses formes narratives. Il va illustrer des pochettes de CD (Bob Dylan, Henri Dès, etc.), participer à des œuvres collectives, réaliser 28 bandes dessinées uniques (L’enfer des concerts, les filles électriques, etc.) et 3 autres séries (Captain Biceps, Les Chronokids, et Inifity 8 dont il est uniquement scénariste).


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Récompenses internationales et zen attitude

Au moins 8 récompenses majeures figurent au palmarès de l’auteur genevois, dont diverses au fameux festival d’Angoulême. Bien que touché de ces témoignages de la part de ses pairs, du public et des spécialistes, Zep reste profondément « helvète » dans sa façon de gérer toute cette attention médiatique. Il se réjouit d’ailleurs qu’il n’y ait pas de trop de starification en Suisse, qu’il puisse évoluer sereinement, quasiment en anonyme, dans les rues de sa ville. Rien de tel pour la créativité ! « Le succès, est une sucrerie, mais le bonheur c’est autre chose », toujours aussi modeste le Philippe ! Et si c’était bien ça, le secret de sa réussite ? À en croire Zep, c’est fortement possible…


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Zep, également un fin connaisseur immobilier

Il y a environ 10 ans, Philippe Chapuis réalise son rêve d’enfant : acheter cette incroyable maison de « l’autre côté du Rhône », en lisière de Genève ; celle qu’il admirait avec ses amis, depuis Onex. Plus qu’une maison, il s’agit plutôt d’un véritable « château », et plus précisément une maison de maître du XVIIe siècle. Située au sein du quartier du Petit-Saconnex (Ville-de-Genève), distribuée sur quatre étages et restaurée avec goût, la demeure possède, entre autres, une piscine et un hectare de vignes. C’est dans les combles (300 m2) que Zep a installé son atelier, où il joue de la guitare (parfois) et mène de front, jour après jour, ses innombrables projets artistiques.


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