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Communes & Régions

Genève et ses quartiers, Vol. II : Plainpalais-Jonction

Quartier aujourd’hui dense, festif et métissé, hier agricole, militaire et fortement industrialisé, la Jonction (ou plutôt « Plainpalais-Jonction ») est aussi le symbole des étés balnéaires genevois et de la culture alternative européenne des années 90-2000. Celle que l’on appelle affectueusement « la Jonquille » a vécu de nombreuses vies, toutes opposées, ayant pourtant en commun une recherche exacerbée de nouveauté. Ce fourmillement de rebondissements historiques a offert au quartier une ambiance unique, ainsi qu’une indéniable résonance internationale. Profitons des beaux jours pour se balader ensemble – en bateau gonflable ou à pieds – à travers les siècles, les rues et les bonnes adresses d’un quartier rempli d’Histoire et d’histoires.

Origines militaires et changements de noms pour un quartier évolutif

Avant de faire intégralement partie du centre-ville genevois, la Jonction a vécu de nombreuses évolutions. Logé à la confluence du Rhône et de l’Arve, le quartier de la Jonction tire son nom actuel de sa situation géographique. Évidemment, l’eau est le véritable dénominateur commun de toutes les histoires (du moins, de la plupart) liées au quartier.
Ce n’est cependant qu’en 1950 seulement que « la Jonction » devient officiellement le nom du quartier, remplaçant ainsi celui de « La Coulouvrenière » patronyme du pont qui, aujourd’hui encore, en caractérise l’une de ses frontières géographiques. Mais d’où vient cet étrange nom ? Pour le découvrir, il faut remonter au milieu du XVe siècle.
Le pont que l’on appelle aujourd’hui « la Coulouvrenière » abrite alors la société de tir dite de « l’Exercice de l’Arquebuse ». Ce lieu d’entrainement – prévu pour les trois corps de milices constituant l’armée de Genève – sera, par la suite, nommé ainsi d’après l’une des armes qu’on y utilisait : la « couleuvrine » ; un canon à main. Tout s’explique, comme nous l’enseigne Arnaud Bosch, médiéviste et spécialiste de l’Ancien Régime genevois, au sein de son article « Des Jardins aux Usines » paru en 2019 au sein de Trajectoire Magazine.


La puissance de l’eau, au service de l’agriculture : vive le cardon

Dès le XVe siècle, les habitants commencent à cultiver les terres locales rendues fertiles par l’eau qui y coule en abondance, d’où l’apparition des « Jardins de la Jonction ». Durant deux siècles, la région devient peu à peu une terre propice à la culture des poireaux, choux, navets et surtout du fameux cardon local, celui que l’on retrouve dans nos gratins à Noël. Encore une fois, l’eau (et sa puissance motrice) joue un rôle important dans le développement des activités locales. Mais l’activité agricole n’y règnera pas éternellement.


Avènement de l’ère industrielle : le terreau des idées nouvelles

La révolution industrielle offre un changement de paradigme total au quartier ; la force motrice du Rhône est toujours au centre des idées, certes, mais sera exploitée pour alimenter les usines. Ce quartier l’on appelle alors « La Coulouvrenière » devient ainsi la zone industrielle du canton, et c’est en tout logique que l’Usine à Gaz s’installe, à partir de 1845, au sein de ce qui est aujourd’hui, en 2019, un Écoquartier d’environ 250 habitations.
1940, l’usine est déplacée à Vernier. Cette décision fait alors, entre autres, réponse à la violente explosion de 1909 ayant couté la vie à 13 personnes. Vingt-six ans plus tard, bien avant la création du nouveau quartier actuel, les lieux sont récupérés par l’espace culturel autogéré « Artamis », autrement dit le cœur de la vie alternative genevoise, jusqu’en 2010. Durant plus de 10 ans, Artamis a abrité des lieux hauts en couleur et radicalement novateurs. Mais ce centre autogéré n’a pas été le premier à voir le jour au sein du panorama local.


« L’Usine » : de l’industrie de l’or, à l’âge doré de la culture alternative

Créé pour répondre à l’essor de l’horlogerie genevoise l’UGDO est, comme son acronyme l’indique, l’Usine Genevoise de Dégrossissage d’Or. Cette dernière voit le jour en 1860, à la Place des Volontaires. En 1899 et 1915, le bâtiment est victime d’incendies et ferme définitivement ses portes en 1970. Comme pour l’Usine à Gaz avec Artamis, la culture alternative trouvera, au cœur de la Jonction, son lieu d’expression le plus propice.
En 1989, suite (entre autres) à une surchauffe immobilière liée à une envolée historique des taux (passé de 3.5 à 7%, entre 1988 et 1990), l’âge d’or des lieux autogérés genevois est lancé, donnant ainsi lieu à l’un des mouvements alternatifs les plus marquants d’Europe. L’Usine sera partie prenante et deviendra rapidement un lieu culte. Dès 1996, l’Usine et Artamis forment une zone alternative, géographiquement et idéologiquement unie. C’est alors une période paradoxale où la culture underground a permis d’enrichir artistiquement une cité calviniste, traditionnellement peu ouverte à ce genre de mouvement alternatif.


Bâtiment des forces motrices : de l’énergie hydraulique à la puissance lyrique

Quant au Bâtiment des forces motrices, il voit le jour en 1886. Sa fonction ? Alimenter en eau – puis, successivement, en énergie hydraulique – toute la ville. Classé monument historique en 1988, le BFM est aujourd’hui une salle de spectacle, nommée d’après le nom de son créateur d’origine « Théodore Turrettini ». Sa construction au style architectural « Beaux-Arts » est ornementée des statues de Neptune, Cérès et Mercure, en réponse aux décors aquatiques qui l’entourent. Divisé en deux salles, le BFM permet aussi bien l’organisation d’événements et des réceptions que des représentations de musique classique.
Dans le même ordre d’idée, on pourrait également citer l’exemple de l’usine Gardy (1890, spécialisée dans la céramique) logée à la pointe de la Jonction et rachetée par Kugler (sanitaires) au début des années 30. Aujourd’hui, la Fédération des artistes de Kugler gère depuis 2011 la « Fonderie Kugler », située en face du dépôt TPG, un espace culturel et artistique de 400 m2 qui compte 8 associations d’artistes, soit 220 personnes actives dans les domaines des industries créatives.


Les bords du Rhône : symbole d’une Genève balnéaire

Provenant du glacier baptisé en son nom et finissant sa course dans la Méditerranée, le Rhône offre aux Genevois de magnifiques paysages et surtout l’une des leurs activités estivales favorites : la fameuse descente du Rhône. Équipé d’une embarcation gonflable, on la commence au Quai du Sujet où se trouve un véritable petit port d’embarcation.
Dès le départ de la balade fluviale, juste après le pont Sous-Terre, on aperçoit les nombreuses personnes profitant de la parcelle boisée « pieds dans l’eau » avant de longer les bords du Rhône, jusqu’à arriver à la Pointe de la Jonction. Avec son bar convivial au décor tropicalisant, « La Pointe » rythme l’été des Genevois avec ses nombreux concerts et DJ. Le terminus s’effectue à Peney, après plus de trois heures de descente. L’Amazonie à Genève !


Quelques repères géographiques : un quartier étendu

Géographiquement parlant, Plainpalais, ancienne commune genevoise, ne fait qu’un avec la Jonction. On parle alors du quartier « Plainpalais-Jonction » . Ce dernier est délimité par trois points précis : le pont Butin, le pont de la Coulouvrenière et le pont des Acacias. Son sommet se situe à la Pointe de la Jonction et se termine juste avant les Vernets (lieu appartenant à un autre quartier : Acacias-Bâtie).
Composé de 16’700 habitants, le quartier comprend la plaine de Plainpalais, avec son marché aux puces, son skate park à ciel ouvert ultramoderne, ses terrains de pétanque et ses nombreuses manifestations (cirque, Fan Zone en période de manifestations footballistiques internationales, etc.). De couleur rouge brique, elle offre une surface totale de 78’135 m2 et ses alentours fourmillent d’adresses immanquables.
Relié au quartier Bâtie-Acacias par le pont Hans-Wilsdorf, « Plainpalais-Jonction » possède également des endroits verts tels que les parcs Gourgas, Baud-Bovy et, bien entendu, les Bois-de-la-Bâtie : un véritable poumon urbain, géré avec le plus grand soin par les autorités compétentes. Cette forêt compte en son sein le Parc aux animaux du Bois-de-la-Bâtie, pour le bonheur des petits comme des grands. Le quartier comprend également des institutions universitaires réputées (Uni Mail, Sciences II/III et Section Physique), ainsi que le quartier le siège de la RTS. ou encore le Patek Philippe Museum.


Espaces culturels et lieux de divertissement

Comme évoqué au sein des paragraphes précédents, « Plainpalais-Jonction » possède une histoire culturelle d’une grande richesse. Du MAMCO – et les nombreuses galeries d’art contemporain qui peuples le « Quartier des Bains » – en passant par le Centre de la Photographie ou encore le MEG, la culture est partout, et sous toutes ses formes.


Nos bonnes adresses

Idée shopping ? Legrandmagasin (dames) et Monsieur Alain. Boire du vin nature et déguster des produits d’exception ? Le Tablar et le Tabouret. Retrouver vos amis au bord du Rhône pour l’apéro ? La Barge. Envie d’un ramen ? Susuru ou Umamido. Plutôt carnivore/terroir ? L’Odéon et le Café de la Paix. Tentés par un café viennois ? Café Remor. Un café d’exception ? Birdie Café. Burger local ? Inglewood. La meilleure pizzeria de Genève ? Kytaly. La gastronomie thaïlandaise vous appelle ? Bai Toey. Un verre entre amis ? La Rue de l’École de Médecine et ses nombreux bars vous attend.


Pascal Viscardi


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